Le mot du kiné-janvier 2017

Le mot du kiné-janvier 2017

Retrouvez dans cette rubrique quelques infos, conseils concernant diverses pathologies traumatiques ou non liées à l’aviron. Quelques explications aussi de physiologie humaine. Ce mois-ci, tout sur la contusion musculaire.

La contusion musculaire.

Après « la crampe », je poursuis mon voyage au sein du muscle et de ses lésions avec la première véritable lésion que l’on appelle couramment la contusion musculaire.

La contusion musculaire est une blessure produite par un choc direct. C’est aussi ce que l’on peut appeler une « béquille ». Un écrasement des fibres musculaires sans lésion peut intervenir mais aller aussi jusqu’à la véritable déchirure que nous verrons ultérieurement.

La contusion simple guérit la plupart du temps sans difficultés particulières.

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Définition

La contusion musculaire est donc un accident sportif plutôt anodin correspond à un choc direct musculaire responsable souvent d’un « bleu » sur le muscle. Cette ecchymose correspond à un hématome intra-musculaire plus ou moins profond, plus ou moins étendue selon l’intensité du choc.

Les signes de la lésion dépendent donc de l’intensité du choc. On retrouve une sensibilité au toucher, un bleu, une déformation, une contraction douloureuse voir une incapacité à mobiliser le membre.

Vascularisation des fibres musculaires

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La vascularisation des fibres du muscle strié squelettique est effectuée comme tous les tissus par un réseau de petits vaisseaux oxygénant les tissus. La densité de ce réseau est dépendante du type de la fibre concernée et explique en partie le fait que l’hématome n’est pas toujours proportionnel au coup. Sa taille dépend aussi de sa localisation

Mécanisme de la lésion

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Le mécanisme est celui d’un coup violent porté à la surface du muscle. A l’intérieur de la membrane englobant le muscle Les fibres musculaires, les capillaires (petits vaisseaux sanguins) se retrouvent éclatées et le sang se répand dans cette zone. Un œdème se crée avec un appel liquidien (plasma sanguin) dû à une vasodilatation réflexe (suite à l’inflammation musculaire due au choc puis à la cicatrisation naissante).

Le gonflement s’installe et est plus net en surface. Un gros bleu n’est donc pas synonyme de grosse lésion.

La douleur engendrée par le coup puis l’hématome entraine une sidération musculaire reflexe entraînant une incapacité à la contraction permettant une protection des lésions éventuelles. Le muscle se retrouve en souffrance et se contracture par protection.

Causes de la contusion


La cause principale est évidemment le coup porté directement. En aviron, on retrouve ce type de pathologie dans les rencontres avec des dames de nage, des palettes portées par un autre rameur…Pour éviter tous ces accidents, soyez attentifs lors de vos déplacements dans les zones dites à risques (ou la fatigue et la perte de concentration s’installent).

Signes cliniques

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Les principaux signes cliniques que l’on cherche et qui permettent d’évaluer la gravité de la lésion (et faire évoluer les examens puis le traitement) sont : la douleur, le mécanisme du traumatisme, l’impotence fonctionnelle( incapacité à mouvoir les segments de membre concernés), la chaleur locale (inflammation), l’augmentation du volume (œdème, hématome), la coloration cutanée, la sensibilité à la palpation, la perte du ballant musculaire, l’aspect peau d’orange (œdème)…

La para-clinique (examens autres que ceux fait au chevet du patient !) peut-être nécessaire si une lésion profonde est suspectée (hématome profond non résorbé, déchirures associées

 

Traitement

Dans l’immédiat, un arrêt de l’activité et une application de glace (isolée de la peau, attention aux brulures liées au froid, même avec les sprays !! ) pendant un long moment permet de limiter le saignement par vaso-constriction (les vaisseaux sanguins se resserrent).

Puis un repos de 5 à 10 jours avec immobilisation suivant l’importance de la contusion est indispensable associé à un bandage compressif. Penser aussi à surélever le membre lésé afin de favoriser la résorption de l’œdème et de limiter le gonflement.

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Ce repos est variable suivant la gravité et peut s’étendre à 6 semaines selon la gravité qui pourra être réévaluée.

Un traitement médicamenteux antalgique, anti-inflammatoire, anti-oedeme pourra être mis en place. Une rééducation sera entamée après cicatrisation afin de restaurer la souplesse, la réactivité musculaire et articulaire périphériques.

La persistance d’un hématome (marqué par la déformation) pourra se soigner par ponction afin d’éviter toute complication (syndrome des loges, neuropathie…)

Vincent Triot