La légende du lac

aiguebelettteLa légende du lac

Le lac d’Aiguebelette sur lequel nous ramons a des origines géologiques bien connues (peut-être un prochain article). Mais une légende explique différemment sa création.

La légende du lac

Afficher l'image d'origine

Cet article ne parlera pas du monstre du loch Ness, ni de légende arthurienne, (rassurez-vous) mais plutôt de la légende du lac d’Aiguebelette.

Une légende souvent brièvement retranscrite explique l’origine de ce lac (histoire de placer  un peu de moralisme, beaucoup de religion, un peu de géologie et de paléontologie….Enfin chacun y trouvera ce qu’il veut),

j’ai retrouvé (grâce à Maguy et internet) cette légende quasiment complète retranscrite dans 2 versions similaires datant du 19ème siècle.

1/ « La station néolithique du Lac d’Aiguebelette par L.SCHAUDEL (de Nancy) » issus de note manuscrite de Mr Chevron qui était instituteur à Aiguebelette au 19ème siècle.

Louis Schaudel

Louis Schaudel

2/ « Novalaise, son histoire » écrit par Louis Gay Lancermin reprenant les propos de l’abbé Brachet (décédé en 1903) cite la même légende en poésie.

1/ La légende par Mr Chevron

aiguebelette

« Le lieu qu’occupe aujourd’hui le lac d’Aiguebelette était jadis une petite plaine luxuriante, au milieu de laquelle s’élevait une ville de ce nom,réputée à l’égal de Sodome, pour la richesse et le goût des plaisirs. Un jour, dit la légende, Jésus-Christ vient la visiter, revêtu de haillons, sous la forme d’un mendiant demandant un morceau de pain et l’hospitalité pour la nuit. Alors, comme aujourd’hui , l’aspect de la misère était un trouble-fête; aussi le divin, visiteur se vit-il partout refusé, durement éconduit.

Seule, une veuve,pauvre comme celle qui accueillit le prophète Elisée, avec la grâce de ceux qui connaissent l’indigence et qui savent y compatir, s’offrit à partager et son réduit et son morceau de pain noir: ce qu’il accepta sans se faire connaître. Satisfait de la bonne volonté de cette femme. Notre-Seigneur lui demanda s’il y avait dans la ville quelqu’un à la conservation de qui elle s’intéressa.

– Oui, répondit-elle; « j’ai dans tel quartier, qu’elle nomma, une fille unique qui fait toute ma consolation en ce monde; son mari étant mort sans lui laisser de la famille, elle soutient aussi mon existence du fruit de son travail qu’elle partage avec sa mère.

– C’est bien, reprit le mystérieux visiteur: vous entendrez cette nuit un grand bruit, parce que je vais détruire cette ville dont les iniquités appellent ma vengeance.Mais ne vous effrayez, ni pour vous, ni pour votre fille, aucun mal ne vous arrivera. Demeurez tranquille dans votre maison ; demain vous verrez la justice de Dieu qui poursuit la dureté de cœur des méchants et qui se plaît à récompenser la charité des bons. Après ces paroles, il s’éloigna au grand étonnement de la bonne veuve.

aviron
Le lendemain, les rayons du soleil levant éclairèrent une nappe d’eau limpide là où la veille était une ville bruyante des plaisirs de la vie. Pour rendre le pacte encore plus frappant, plus digne de la vertu de Dieu, la maison de la veuve et celle de sa fille demeurèrent seules, au milieu des îles miraculeusement transformées en bosquets; et de l’un à l’autre des deux sanctuaires de l’hospitalité, un chemin destiné à les mettre en communication s’étendait comme une magnifique jetée caressée de chaque côté par les eaux du lac d’Aiguebelette. »

2/ La légende (plus en poésie) par l’abbé Brachet

« Au pied d’une montagne un beau lac de Savoie

Sous l’œil du voyageur avec charme déploie

Ses eaux, dont le miroir réfléchit dans son sein

Les flancs de la montagne et du coteau voisin.

On découvre au milieu deux îles élégantes

Dont baignent le contour les vagues inconstantes.

On m’a dt qu’autrefois, auprès de ces îlots,

D’où l’on voit le pêcheur, le soir, quitter les flots,

S’élevaient les maisons d’un antique village

Disparu sous les eaux dans une nuit d’orage….

"Intempouries", je rentre !

La nuit tombait; à pas lents, cheminait un vieillard tandis que la pluie commençait. Il frappait à chaque porte pour demander l’hospitalité ; mais en vain. Enfin il est accueilli par une pauvre veuve; elle ranime le feu tandis que l’orage redouble et l’effraie.

« Femme, ne craignez pas, dit alors le vieillard ; Le ciel veille sur vous ; mais cette nuit menace votre village entier où on a tout refusé au pauvre qui passe.

« Pour ma fille, pitié, car c’est mon seul soutien…

« En rentrant, j’avais faim et vous m’avez nourri; et vous m’avez logé quand j’étais sans abri, j’ai retrouvé la vie à la flamme qui brille , l’aumône de ce soir sauvera votre fille.

acla

Soudain une clarté illumine le front du vieillard, fait une auréole autour de sa tête et la veuve se prosterne à ses pieds, longtemps. Quand elle relève la tête, elle ne revoit plus la belle apparition.

le soleil paraissait aux bords du mont voisin

Quand elle ouvrit la porte aux fraîcheurs du matin.

Que vit-elle? Des flots répandus dans la plaine

Qu’une brise adoucie avec lenteur promène ;

Des flots, partout des flots, même où la veille encore

Les moissons enchantaient l’œil de leurs épis d’or

Elle ne trouva plus que son humble héritage et celui de sa fille

Le temps a conservé ces gracieux îlots. Ils disent à celui qui connaît leur histoire que le verre d’eau froide au pauvre qui veut boire n’est jamais oublié dans le ciel quand la mort donne un bonheur sans fin au juste qui s’endort »

 

 

Vincent Triot.

Une réflexion au sujet de « La légende du lac »

Les commentaires sont fermés.