le mot du kiné, décembre 2016

national rowing fondationLe mot du kiné, Décembre 2016

Petit article de vulgarisation qui reprend différentes notions autour d’un sujet médical concernant les rameurs (de tous niveaux). Sujet du mois, la crampe musculaire.

 

Le mot du kiné. La crampe. Décembre 2016.

 

Introduction :

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La crampe du sportif est un phénomène musculaire que beaucoup de rameurs ont déjà ressenti. Handicapante et parfois excessivement douloureuse, ces phénomènes restent la plupart du temps bénins et peuvent disparaître rapidement. Un traitement préventif est nécessaire et semble particulièrement efficace.

                                                                        

Définition :

Une crampe est une contraction involontaire d’un muscle ou d’un groupe musculaire entraînant une douleur violente et souvent passagère. Son déclenchement est soudain, bref mais peut être prolongé dans certains cas, sur certains muscles.

Les crampes peuvent survenir à l’effort, après l’effort ou au repos (crampes nocturnes).

Les groupes musculaires les plus fréquemment touchés sont : quadriceps, ischio-jambiers, triceps suraux (mollets), , fléchisseurs hanches (tenseur fascia lata), fléchisseurs poignets, muscles plantaires (pied). Suivant l’activité, les pathologies…d’autres groupes musculaires peuvent être touchés par ce phénomène.

 

La contraction musculaire normale

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Le déclenchement neurologique va provoquer une réaction en chaîne. Par l’acétylcholine libéré au niveau de la connexion moto-neuronale,  les canaux de sodium (NA+ extra-celullaire) et de potassium (K+ intra-celullaire) s’ouvrent. Le K+ sort de la cellule musculaire et le Na+ y entre. Ceci provoque un potentiel électrique qui va toucher progressivement  toutes les fibres musculaires (myofibrilles) rattachés au motoneurone. Le potentiel électrique libère du calcium (Ca++) ce qui va provoquer les mouvements des fibres actine et myosine (en utilisant l’énergie disponible sous forme d’ATP, adénosine triphosphate).

La mise en route de la contraction se fait donc par dépolarisation électrique et l’énergie nécessaire à la contraction provient de l’ATP (dont la « combustion » libèrera du CO2, de l’eau et de la chaleur en aérobie).

Le relâchement musculaire (par arrêt de la stimulation) engendrera un nouveau transfert du calcium qui nécessitera aussi de l’énergie sous forme d’ATP.

 

 

Physiopathologie (causes)

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Le mécanisme précis de cette contraction musculaire brutale et sans relâchement immédiat est finalement encore mal connu. Plusieurs théories s’imposent. On a vu que c’est principalement l’échange entre ions potassium, sodium et calcium qui provoquait la contraction/décontraction musculaire.

Donc :

1 : Accumulation de lactates dans la cellule musculaire (par dégradation de l’ATP et manque d’oxygénation) qui augmente l’acidité intracellulaire et annihile la sortie du potassium et maintien le calcium en place

2 : Une perte de sodium (transpiration, médicaments..) engendrent une modification du potentiel électrique et perturbe le contrôle moteur

3 : Une hyperexcitabilité neuronale incontrôlée provoque la contraction subite

4 : Manque d’ATP (le carburant du muscle)  qui intervient autant dans la contraction que la décontraction (manque d’oxygénation)

 

Traitement immédiat

aviron

Étirez le muscle de manière lente et progressive. Massage doux avec de l’arnica (par exemple), boire de l’eau minéralisée, chaleur.

Augmenter la ventilation (intrinsèque et extrinsèque) pour favoriser la ré-oxygénation musculaire

 

 

Prévention

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-Éviter les écarts de température (le froid provoque une vasoconstriction et diminue donc l’apport en oxygène, le chaud provoque une vasodilatation et augmente donc les pertes hydriques (en hiver comme en été, pensez à vous hydrater).

-Ventiler les pièces fermées (salle ergo !)

-Alimentation : éviter viandes, charcuteries, aliments acides (concombres, tomates..) ; équilibrer les apports en sels minéraux (produits laitiers, abricots, fruits secs, banane…) ; éviter café, thé, alcool…

-Attention à certains médicaments (laxatifs, diurétiques..)

-Éviter le surdosage d’entraînement, privilégier la régularité, bien s’échauffer

-Bien s’hydrater

-contrôler les troubles posturaux (des changements de matériel, de réglage modifient les axes musculo-articulaires)

 

Diagnostic différentiel

Aiguebelette

Syndrome des loges : plus dû à un manque d’élasticité de l’aponévrose (enveloppe entourant le muscle) entraînant une augmentation de la pression intra-cellulaire.

 

Vincent Triot.