Un peu de technique : la propulsion

Un peu de technique : la propulsion

Un article pour poursuivre quelques révisions techniques pour la reprise post estivale. Voyons aujourd’hui la phase de propulsion (dans l’enchaînement du coup d’aviron !)

Technique : la propulsion

a/ définition

Cette phase correspond à une phase où les rames sont immergées en appui dans l’eau. Le rameur effectue un mouvement d’extension des membres inférieurs associé à une flexion des membres supérieurs.
L’efficacité de la propulsion dépend de 4 facteurs : la force générée par le rameur, la façon d’appliquer cette force (à adapter en fonction du ressenti du bateau) et l’amplitude développée, la coordination neuro-musculaire (addition).

b/ Technique

Lors de cette phase :
Le regard est lointain, la tête reste droite, la traction est horizontale, les rames sont immergées (on atteint la bonne profondeur lorsque la pelle est entièrement submergée, l’arête supérieure de celle-ci juste sous la surface de l’eau et l’eau ne remonte pas l’extrémité du manche sur plus de 30 cm).

Les actions se succèdent.
L’appui des pieds reste constant.

On peut diviser la phase de propulsion en 3, elles se situent entre les phases d’appui et de dégagé

Phase 1 : poussée des membres inférieurs (muscles puissants):
Forte poussée des jambes sur le cale-pied débutant la propulsion (travail explosif)
Le corps est maintenu fermement
Les bras sont tendus

Phase 2 : extension du tronc (muscles lents)
Les bras sont toujours en extension au moment où le tronc ouvre en pivotant au niveau des hanches et que les jambes continuent à exercer une forte poussée sur le cale-pied.
L’extension du tronc joue un rôle déterminant dans le contrôle de la phase immergée du geste

Forte accélération de la force exercée par les jambes.

Phase 3 : action des bras (muscles rapides)
Passage des mains à hauteur des genoux
Les membres supérieurs prolongent l’action des jambes et du tronc ce qui détermine la longueur du coup d’aviron. Cette action permet de terminer l’accélération du mouvement avant de passer au dégagé des avirons.

c/ Erreurs

Plier les bras trop tôt
Ne pas tendre les jambes au maximum
Manque de gainage du dos, trop d’ouverture du dos sur la fin de la propulsion.
Partir du dos ou partir des fesses.
Hauteur de mains variables
Diminuer la pression sur la planche de pied.
Poignets cassés

aiguebelette
d/ Exercices de propulsion

1/ Créer et entretenir l’appui sur différentes amplitudes (demi, quart, trois quart …). Se concentrer sur le déplacement du bateau grâce à l’action de chaque groupe musculaire (jambes, tronc, bras)

La palette doit rester couverte jusqu’à ce que les mains soient près des côtes. Le bateau doit clairement prendre de la vitesse sous l’action des différents groupes musculaires sans relâcher la pression sur la planche de pieds.

gb2/ travail jambe seul (à la russe) puis jambe/tronc puis addition (jambe, tronc, bras).

Quand on ajoute le mouvement du dos, il faut rester concentré sur l’action des jambes avant de basculer le dos bras tendus (repère : le basculement se déclenche au croisement des mains).
Quand on ajoute les bras, les coudes viennent chercher loin derrière (image mentale des « ailes de poulet »

3/ Bien plaquer les jambes au fond du bateau.
4/ Ramer au carré
5/ Partir du dos pour éviter de partir trop des fesses. Partir des fesses pour éviter de partir du dos.
6/ Travail respiratoire afin d’obtenir un relâchement des épaules, détendre la mâchoire …
7/ travail sans cale-pied
8/ Contrôler la position des poignets

Estelle et Agathe au départ !

Conclusion
Le rendement maximal de la propulsion est atteint pour un angle de la rame de 80 à 110 (ce qui correspond au moment de la l’addition des forces des différents segments)

la dynamique du déplacement de chaque segment présente une accélération jusqu’à un plateau de vitesse qui s’achève par la fixation de l’articulation. Selon le segment considéré, le plateau de vitesse est obtenu pour des angles différents de la phase aquatique
75° pour le genou (50% de la phase aquatique),
88° pour la hanche (65% de la phase aquatique),
100° pour l’épaule (80% de la phase aquatique) et
110° pour le coude et la main (90% de la phase aquatique).
C’est pourquoi une coordination correcte diminue le travail individuel de chaque muscle au profit d’un travail en synergie et produit une accélération maximale de la coque

Vincent Triot